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Immobilier genevois : une valeur refuge face aux crises géopolitiques ?

Immobilier genevois : valeur refuge face aux crises géopolitiques ?

Un marché qui résiste malgré les incertitudes mondiales

Guerres, tensions au Moyen-Orient, incertitudes commerciales, volatilité des marchés financiers… Le contexte international reste particulièrement instable en 2026. Pourtant, le marché immobilier genevois continue de faire preuve d’une certaine résilience.

Au premier trimestre 2026, 1,869 milliard de francs de transactions immobilières ont été enregistrés dans le canton, soit un niveau supérieur à celui observé au cours des trois premiers mois des trois années précédentes. Cette progression ne s’explique toutefois pas par une explosion du nombre de ventes : 626 objets ont changé de propriétaire, contre 624 au premier trimestre 2024 et 639 en 2025. La hausse provient principalement de l’augmentation de la valeur des biens.

Au deuxième trimestre, 2,002 milliards de francs ont encore été échangés. Là aussi, l’OCSTAT souligne que la progression du volume financier provient principalement du renchérissement de l’immobilier et de quelques transactions importantes, alors que le nombre de ventes est inférieur à celui de l’année précédente.

Pourquoi Genève résiste-t-elle ?

Plusieurs facteurs structurels expliquent cette résistance.

1. Une offre extrêmement limitée

Le nombre de logements disponibles reste structurellement faible dans les centres urbains suisses. Selon une enquête EY publiée en 2026, 94 % des professionnels interrogés considèrent que la pénurie d’offre reste importante dans les centres urbains.

À Genève, cette rareté est particulièrement importante. Lorsque l'offre est limitée et que la demande reste élevée, les prix sont moins sensibles aux mouvements brutaux de l'économie mondiale.

2. Le franc suisse joue lui-même un rôle de refuge

En période de crise, le franc suisse tend historiquement à s'apprécier. Pour les investisseurs internationaux, cette caractéristique renforce l'attrait de la Suisse et des actifs libellés en francs. L'immobilier bénéficie ainsi indirectement de la réputation de stabilité de la monnaie suisse.

3. L'immobilier est un actif tangible

Contrairement à une action ou à une obligation, un immeuble reste un actif physique. Il peut générer des revenus locatifs et, sur le long terme, bénéficier de l'inflation et de la rareté du foncier.

Cette caractéristique explique pourquoi, malgré les tensions géopolitiques, 99 % des investisseurs interrogés par EY considèrent le marché immobilier suisse comme stable en 2026. Le résidentiel reste également leur classe d'actifs privilégiée pour rechercher des cash-flows stables.

Mais « valeur refuge » ne veut pas dire « placement sans risque »

C'est probablement la partie la plus importante de l'article.

L'immobilier genevois n'est pas immunisé contre les crises. Une remontée importante des taux, une récession, une hausse du chômage ou une dégradation de l'économie suisse peuvent peser sur les prix et sur la capacité d'achat des ménages.

Les tensions géopolitiques peuvent également avoir des conséquences indirectes : hausse des matières premières, inflation, ralentissement économique ou appréciation excessive du franc. UBS souligne notamment que la Suisse reste exposée au ralentissement de ses partenaires commerciaux malgré sa relative résistance.

Il faut donc davantage parler de résilience que de garantie.

Genève : une valeur refuge… surtout pour le long terme ?

C'est là que l'article peut devenir intéressant.

La combinaison de plusieurs facteurs — rareté du foncier, demande structurelle, stabilité institutionnelle, franc suisse, marché de l'emploi international et qualité de vie — donne à Genève des caractéristiques particulièrement recherchées lorsque l'incertitude augmente.

Le marché de l'investissement genevois a d'ailleurs retrouvé une dynamique positive en 2025 : une étude consacrée à l'immobilier de rendement fait état de 2,787 milliards de francs de transactions, soit une progression de 10 % par rapport à 2024.

Conclusion

L'immobilier genevois peut-il être considéré comme une valeur refuge ?

La réponse est oui, avec des nuances.

Il ne s'agit pas d'un actif qui échappe aux cycles économiques ou aux corrections de marché. En revanche, dans un environnement international incertain, Genève possède plusieurs caractéristiques qui renforcent son attractivité : rareté de l'offre, demande structurelle, stabilité suisse et recherche d'actifs générant des revenus réguliers.

C'est probablement cette combinaison qui explique pourquoi, même lorsque les marchés financiers deviennent plus volatils, l'immobilier genevois continue de susciter l'intérêt des investisseurs.